Les épluchures de pommes de terre malades accélèrent la prolifération de maladies dans le compost. Celles d’oignons freinent la décomposition naturelle des déchets organiques. Les feuilles de rhubarbe, quant à elles, sont chargées d’acide oxalique, toxique pour les micro-organismes indispensables au processus.
L’ajout de ces résidus perturbe l’équilibre du compost et expose le sol à des risques de contamination lors de l’épandage. Les erreurs de tri, fréquentes, réduisent l’efficacité du compost, voire le rendent inutilisable.
Compostage domestique : les bases pour bien débuter
Le compostage domestique repose sur un mélange bien réglé entre matières carbonées et matières azotées. Les premières, feuilles mortes, paille, papier non imprimé, carton brun, structurent le mélange, favorisent l’aération. Les secondes, tontes de gazon, épluchures de fruits et légumes, restes végétaux, nourrissent la vie microbienne responsable de la transformation.
Dans un composteur, qu’il soit monté en tas, en silo ou à même le sol, la conversion de la matière organique s’appuie sur une faune discrète mais essentielle : vers de terre, bactéries, champignons, mille-pattes. Ces petits intermédiaires, souvent invisibles à l’œil nu, s’activent pour transformer nos déchets en humus enrichissant, un véritable trésor pour le potager ou les massifs fleuris.
Quelques règles simples favorisent un compost de qualité :
- Alternez minutieusement déchets verts (azote) et déchets bruns (carbone)
- Veillez à maintenir une humidité régulière, sans excès ni sécheresse
- Aérez en brassant régulièrement pour apporter suffisamment d’oxygène
Une température modérée et un bon apport d’air accélèrent la décomposition. Si le compost devient trop compact, l’oxygène manque, les odeurs apparaissent et le processus ralentit. En appartement, le lombricompostage offre une solution astucieuse pour gérer les déchets alimentaires quand la place manque.
Le choix d’un composteur se fait selon la quantité de déchets, l’espace disponible et l’utilisation prévue dans le jardin. Maintenir la diversité microbienne, c’est s’assurer d’obtenir un compost mûr, stable, prêt à nourrir la terre.
Quels légumes faut-il absolument éviter dans le compost ?
Tous les restes ne sont pas bons à composter. Certains végétaux doivent être soigneusement écartés. Intégrer des déchets de plantes malades expose à la survie de champignons, bactéries ou virus, parfois résistants au processus de décomposition. Le danger ? Le compost final pourrait disséminer ces agents indésirables dans tout le jardin.
La prudence s’impose aussi vis-à-vis des mauvaises herbes montées en graine. Si le compost ne chauffe pas assez, les graines survivent. Résultat : une invasion rapide dès l’épandage. Pour ces indésirables, mieux vaut les brûler ou les déposer en déchetterie.
Idem pour les plantes ou feuillages touchés par des maladies comme le mildiou, la rouille ou l’oïdium. Ces pathogènes se transmettent facilement si le tas ne monte pas à 60°C, température nécessaire à leur destruction.
Quant aux épluchures de pommes de terre, d’ail, d’oignons ou d’échalotes, elles soulèvent plusieurs problèmes : décomposition lente, risque de germination, présence possible de spores ou de maladies. Ces déchets ne devraient intégrer le compost que si ce dernier atteint régulièrement une forte chaleur, en l’absence de toute trace de maladie.
Pour les agrumes, limitez-vous à de petites quantités, bien mélangées. Leur acidité, si elle est trop présente, perturbe la vie microbienne du tas.
Erreurs fréquentes : quels risques si vous compostez les mauvais aliments ?
Un tri minutieux s’impose. Mettre de la viande, du poisson ou des produits laitiers dans le composteur, c’est prendre le risque de voir apparaître de mauvaises odeurs, des nuées de mouches et même des rongeurs. Ces matières animales ralentissent le processus et rendent le compost inapte à l’usage au jardin.
Les matières grasses, huiles, beurre, restes de sauces, posent aussi problème. Elles forment une couche imperméable autour des déchets, étouffent la vie microbienne, et transforment le compost en un bloc compact, gorgé d’humidité mais peu fertile.
Certains végétaux coriaces, comme les branches de rosiers ou les ronces, compliquent le travail des décomposeurs. Leur structure riche en lignine freine la transformation, surtout si elles ne sont pas broyées. Les coquilles de noix ou noyaux traversent tout le processus sans vraiment se dégrader, retardant leur intégration au sol.
Attention également aux sacs biodégradables ou matières « compostables » : leur transformation reste aléatoire dans un composteur domestique. Quant aux résidus de bois traité, charbon de barbecue, produits chimiques ou plastique, ils polluent la matière organique et la rendent impropre à tout usage potager.
Voici un rappel des principaux risques liés à ces apports indésirables :
- Déchets d’origine animale : odeurs persistantes, nuisibles, fermentation inachevée.
- Matières grasses : décomposition bloquée, compost asphyxié.
- Déchets non organiques : pollution, résidus toxiques dans le sol.
Chaque ajout doit donc être réfléchi : le compostage à la maison repose sur la vigilance et l’observation pour garantir un humus sain, fertile et sans risque pour l’environnement.
Des alternatives simples pour valoriser vos déchets végétaux exclus
Recycler ne s’arrête pas au bac à compost. Les déchets végétaux mis de côté, agrumes, épluchures d’ail, d’oignon, plantes malades, peuvent être valorisés autrement. Tournez-vous vers la collecte sélective proposée par de nombreuses collectivités : les déchets alimentaires exclus du compost domestique sont ainsi orientés vers des unités de méthanisation ou de compostage industriel, capables de traiter des résidus complexes grâce à des températures très élevées.
Les déchetteries communales disposent souvent de bennes dédiées aux résidus verts, branchages ou plantes infestées. Ce circuit assure un traitement sécurisé, limitant la dissémination de maladies ou d’adventices dans le jardin. Les tontes, feuilles et branches trop ligneuses rejoignent parfois des filières de broyage ou de paillage collectif.
Certains territoires vont plus loin : les broyats collectés sont redistribués aux habitants ou servent de paillage urbain. Pour les déchets non compostables, mais sains, le paillage de surface reste une solution : déposés en fine couche au pied des plantations, ils maintiennent l’humidité, protègent la vie du sol et freinent la croissance des herbes folles.
Enfin, la Loi AGEC promeut la collecte séparée des biodéchets alimentaires : ceux-ci rejoignent des filières professionnelles, contribuant à la réduction des émissions de CO2 et à la protection du climat. Chaque geste compte : il existe toujours une voie pour valoriser la matière organique, même si elle n’entre pas dans le composteur domestique.
Au final, le tri des déchets végétaux ne relève pas d’un simple protocole. C’est un choix qui engage la qualité de la terre, la vitalité du jardin et la santé de l’écosystème. Le bon geste aujourd’hui, c’est la récolte promise demain.


